Articles

Affichage des articles associés au libellé REVUE 2018
Image
Ce n'est pas parce que les cerisiers n'ont plus de fleurs Que tout doit s'arrêter. Il y a déjà une autre chaleur qui s'en vient, La vois-tu, douceur ambrée dans l'âtre et les feuilles? Ce n'est plus le temps des décisions légères Ni des soubresauts primesautiers La froideur attise le feu comme protégé durant l'été Un triomphe hivernal t'attend Chaque souffle plus puissant Et des ciels plus purs, tranchants de vérité. Le silence est un aveu. Cy Twombly, Quattro stagioni : Inverno 1993-5.
Image
Juste avant de délivrer C'est l'oeil du cyclone Qui s'empare désoeuvré Des idées qui rayonnent Ramener au centre ce qui disperse Eviter les cendres et la boue qui blesse J'attendais qu'un autre se charge à l'heure De faire l'effort d'extirper avant qu'il ne meure Le souffle pris en étau dans la gorge serrée Par les mots reflués dans les temps où j'ai erré Patience, tu m'avais dit mais l'espace a pris Toute la place derrière mes yeux meurtris Espoirs balayés mais coeur vaillant doux amer Un feu qui brille là-bas au milieu de l'aber Il est parti, la prochaine vague était la sienne Il a vogué, souffle roulant sur marée humaine J'ai forcé en vain alors qu'il était sur le point D'aller tranquille, j'ignorais qu'il fallait ma main Pour glisser du quai vers la quille Parcourir en paix les premiers milles J'ai vu le tout dans cet oeil Tous étaient là sur le seuil L'onde les portait dans un ...
Image
Je fais trois pas au loin sur ma terre Pour te rejoindre d'une ultime manière Et laisser les joncs tressés raconter Ce qu'ils veulent, à qui demandera D'ou venait le vent quand l'appel Survint, si nous étions francs Le front pur même au déclin Des jours, quand le choix devient réel Entre une vie à se frôler Ou un feu pour consumer Les dernières chances De savoir de l'alchimie le secret La luciole errant sur la lande Insaisissable qui guide et enrôle J'ai longtemps retenu avant de répandre Tout l'amour contenu dans ma geôle De brins d'herbe séchés, de fleurs d'osier Retrouver l'air du large et briser la treille Tu savais qu'un jour j'oserais Recommencer le dialogue de la veille Pour enchaîner sur un voyage qui ne s'arrête pas.
L'indicible n'a pas d'image.       Avril  2018 C’était toi bien avant l’heure Et je ne savais pas que mes erreurs Seraient toujours effacées par Le temps qui me paraissait si étendu Que je t’avais cru infini Le temps était révolu Où je te pensais parti J’allais loin, tu étais là Et puis soudain... Reviens. Alors c’était ça Que tu préparais en secret Il aura fallu ce temps Pour que j'avale toutes les fréquences Pour calquer mes pas sur ta danse Rêver comme avant Surprise par une goutte La brutale fraîcheur du départ L’ignorance à laquelle je voulais croire On peut renier, pas de doute Avant, après, quelle importance Restera ce qui est J’avoue le manque La douleur Le trou béant Les pourquoi
Image
Dans le néant qui revient en écho il y a le doute il y a la faute Je ne choisis aucun des deux Assaillie par la profondeur de la voie je mesure L'immensité qui n'aura pas lieu Tressaillir et ouvrir l'oeil - non par peur - par déclic La paupière glissant sur l'horizon violet En myriades de spirales lumineuses insaisissables Les actes m'apparaissent entremêlés Le goût du regret attire et écoeure Je m'éloigne vers la clarté Je choisis le Souffle qui m'unit à toi Brancusi, Le baiser
Image
Mes guêtres sont de bon aloi Mes failles sont bien rangées La feuille est disposée Comme il convient, à l'endroit Le laisser-passer de convenance Saura résolument et sans ambages Me faire entrer dans la danse Je rêve pourtant d'être au large Au détour d'un battement plus fort Trois secondes de silence qui Soudain, petit, mais bien en corps Auront raison de la façade que je suis Trois secondes et la dentelle Qu'on voit crocheter là Sur mon mur, ma citadelle Très habilement elle les défera There I'm done. Emily Dickinson
Clair par les barreaux et rai qui scintille le jour paraît nouveau, même s'il brille d'un éclat douloureux pour la bataille que tu livres sans cesse où que tu ailles Rampe, cours, vole et tournoie les étrangers ne sont pas ceux qu'on croit tu avais des torts impossibles à avouer seule la mort pouvait t'en délivrer je te vois fier et droit, le regard dur dans les silences, as-tu pris la mesure des failles construites par la peur, le doute des distances parcourues sur la route? Un fil ténu, d'homme à homme ce qu'il reste de dignité: de quel côté?
Image
La plus petite des lucioles avait brillé jusqu'au jour Plus loin dans les herbes folles on s'agitait pour rien Un bruissement d'ailes m'a rappelé qu'il était vain De tresser des brins en attendant pour toujours Van Gogh    Le semeur au soleil couchant
Image
As-tu compté les ricochets? Je n'ai jamais su en faire Le vent, ma lourdeur autant d'éléments jouant en ma défaveur Aurais-tu triché Pour qu'il y ait autant d'échos Malgré l'hiver, la froideur les paramètres qui réchauffent mon coeur Disons qu'entre cent et mille eût été un nombre acceptable Qui peut balayer une tornade d'une main nonchalante? Qui peut faire taire les ondes en perpétuelle vibration entre la peau et les os? Faire des ronds dans l'eau ma réponse en écho aux battements agiles que lancent les cils J'épouse la surface puis glisse vers le fond. J'arrive, attends-moi.
Image
Au détour de la main Un entrelacs bleu et fin La trace indélébile D'un rêve coincé dans les fils Pourvoyeurs en grand nombre Des projections dans l'ombre Les cils battent encore exprès Futiles, si futiles apprêts Partie l'illusion reste la trace Un horizon désert qui glace Le rêve est chaud sous les paupières battantes Je le renvoie sans cesse vers la poste restante Egon Schiele. Autoportrait
Image
S'asseoir et vivre. Ne pas attendre  la fin pour se relever quand la mort arrive. Par trois fois  j'ai fait le tour de moi-même. Ce matin clair,  plus tard flou, ce soir espérant, mon esprit reflétant mes maux, pleutres et vains - l'attente ne sert à rien, l'instant lui est serein.   23/07/2018 Jour 1
Image
Adviendra le temps où l'on se relèvera Mille fois tombés, mille fois trompés Surtout par nous-même déchus, déçus. L'heure où le retour à la matrice Se fera pressant, ligne directrice Inévitable et synonyme de délivrance. Finie l'errance, être infini Peur terrassée, peur enterrée elle aussi reviendra à l'origine; l'instinct seul lui devine et saura alors distinguer les errances folles de nos pensées Des fulgurances des entrailles. L'appel de l'un où qu'on aille, le refus des signes qui divisent, le cercle jamais refermé, l'unité sans cesse redimensionnée, élargie sans douleur mais avec joie. Pressentons-nous les signes avant la faille qui tranche Serons-nous enfin dignes de l'audace franche qui peint la face des Autres qui les meut dans l'espace qu'ils visitent qui les affranchit de tout Qui serons-nous sans nos limites? Enso 
Image
Ivoire, ne dis rien j'ai changé Ton éclat lui recèle encore les freins qui ont bloqué la rue, la terre, l'univers Et barré la route aux flots rugissants Confiné dans un ressac incessant je me soustrais du mieux possible aux tourments J'ai le trac insipide Des vanités infinies A contre-courant c'est l'histoire des figures qui ont inversé tout sur leur passage La mémoire je l'ai vive j'ai renversé même ton visage Pour éviter les morsures pour gaver les plaies arides, ardentes dont l'étendue m'effraie, me tue, malgré la torture je reste aimante. MATISSE       La tristesse du roi
Image
                     III                     07.01.2018 Au départ la bouche, j’ai bien compris, tout et son contraire J’ai botté en touche en voulant trop bien faire Le flot, les mots, l’arrivée subreptice Des révélations, les mots complices D’un trop grand regret et toujours compléter pour éviter l’excès du vide Ah réprimer, volontaire démon qui tourmente l’allure d’un langage trop pur Ou laisser vaciller les signes taiseux mais obstinés qui veulent faire le mur Hardis présages d’un inconvenant remue-ménage, trop de mots Trop de mots et peu de dits, rarissimes compris Crimes impunis du manque de vérité, d’aveux C’est toi, c’est lui, menteur, pas pris Pas vu, fauché en plein vol, tu avoues J’étais torpillé j’étais au sol Revenu de la lande où j’errais entre deux eaux Tu manies une langue qui démasque mes maux ...
Image
Amour, regarde là où je suis bientôt Je veux que tu saisisses la vue Qu'à nous deux nous aurons Il n'est plus d'horizon Mais seulement des possibles Les choix sont de saison Ils deviennent visibles Evidents les chemins et les tours Par toi c'est certain, j'irai Toujours, et par monts, Parce que tu les vaux Saisir ces instants fugaces Et beaux, courir le vaste monde D'un univers vibrant d'audace Sa chaleur récoltée dans la ronde Où l'étroit, la peur, les traits Sont adoucis en tous points Et signalent simplement les faits D'une fine trace, fin chagrin Passe, je resterai pour toi demain. Chagall. Les amants bleus
Image
Trois navires et deux fantômes plus loin L'étrange avait pris place si bien Qu'il n'était plus question de voir le mal La déraison et l'ignorance étaient totales Lente dérive vers un ailleurs; pour sûr Que l'autre rive n'avait rien d'un coeur pur Nulle attente et personne à l'horizon Une trêve au goût diesel, un rêve de fiel C'est toi le fantôme Qui ne sent plus le sol foulé par tes pieds C'est toi l'atome L'univers tourne autour de toi, entier Pourtant décimées dans les déferlantes Les vagues successives amarante La gangue encore vibrante L'espoir amarré, combien d'âmes Plus vivantes que toi qui ne veut plus bouger. Deux cents ans déjà. Le Radeau de la Méduse.  Géricault, 1819
Image
Le bon comme le mauvais Qui se donne en pâture N'est-ce pas l'indicible secret Des vautours par ces temps qui durent Un peu trop à mon goût Aucun sens de la mesure Vouloir déferler jusqu'au bout En nappes étranges et en fêlures Retenir n'est plus de ce monde Le déversoir est sous la main Surgit souvent la bête immonde Pour afficher tous les chagrins L'inspir, plus aucun L'expir, sans cesse Boursouflé, jusqu'à l'exsangue Les mots mauvais sur la langue Bile fiévreuse qui m'envahit Je t'en conjure, va faire ton nid Dans un autre moi-même Dans un autre temps Ici ce n'est plus la peine J'ai déjà brûlé le vent. Philistines.   Basquiat
Image
                                                            Dès les premières heures englouties J'ai su Que la muse ne m'appartenait pas Bien que chaque fois entrevue J'aie pu Attirer ses lueurs sur moi Le feu ne reste pas sur qui semble de glace La lave coule sur les pentes enneigées J'ai trop versé de larmes acérées Pics à gravir pour qui veut inspirer Tu es libre et lors il n'y a rien à rajouter Il m'aurait fallu pire pour arrêter De penser D'espérer Il y a ce vide bien trop palpable Et tout l'espace que j'aimerais remplir La muse a choisi d'autres places Tant de beaux esprits à nourrir Va, cours, vole et reviens vite Les étourneaux pour rien s'agitent. Suzuki Harunobu
Image
Tu sauras avant moi Ce qui vaut la peine ou non J’ai mal vécu de petites infamies Tu relèves le col et tu souris Il y a un siècle on aurait dit Entre nous, pourtant juste La distance d’une vie Tu saisis tout à bras le corps Pendant que je passe mon temps A prendre plaisir à faire le mort J’endosse des costumes mal taillés Toi tu tournes autour des feux follets Léger, vaillant, tu exaspères Mes certitudes vermoulues Lunettes cerclées de fer Tu te fous de ce que j’ai vu Le monde est neuf à chaque instant Preste serment entre nous deux Celui de révéler à l’autre Un peu de l’essence qui vaut le jeu Allumer doucement les feux Tu laisses toujours la lumière Danser quelque part au chaud J’enterre tout par peur du sanglot Dans l’espace entre tes yeux mi-clos J’ai compris tout et vu le vide Tu m’accordes enfin le repos Qui me retrouvera apaisé, avide De courir encore même souffle court ...
Image
Ces espaces Qui restent à combler A quoi bon lisser l’infini des possibles ? Turner. Norham Castle Sunrise 1845