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Au fond, sourire est tout ce qui compte.

C'est bien ce que tu m'as laissé comme certitude fondamentale. La lutte est vaine si elle se fait poings serrés. Rester debout en prenant soin de cultiver le bon côté, s'obstiner patiemment, résolument, à chercher et trouver tout le bon que recèlent mêmes les pires moments. Tu ne voulais pas laisser de trace et pourtant ton empreinte me soulève souvent. Plus haut que moi -  toi qui sais injecter la joie pour m'éviter la pesanteur et revenir aux évidences terrestres pour calmer ces quêtes effrénées et futiles.

Il y a le sol, nos pieds. Tu me fais relever la tête si souvent que j'en oublie de pleurer ton absence. Assurément, tu n'es pas dans l'humus fraîchement constitué: ta présence plane partout. Je saisis chaque signe au vol, chaque fois émue par la simplicité du geste. Donner peut se faire dans toutes les dimensions y compris celles que je ne connais pas encore. Il flotte un sentiment de force douce et impétueuse …
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Presságio  

O amor, quando se revela,
Não se sabe revelar.
Sabe bem olhar pra ela,
Mas não lhe sabe falar.
Quem quer dizer o que sente
Não sabe o que há de dizer.
Fala: parece que mente…
Cala: parece esquecer…
Ah, mas se ela adivinhasse,
Se pudesse ouvir o olhar,
E se um olhar lhe bastasse
Pra saber que a estão a amar!
Mas quem sente muito, cala;
Quem quer dizer quanto sente
Fica sem alma nem fala,
Fica só, inteiramente!
Mas se isto puder contar-lhe
O que não lhe ouso contar,
Já não terei que falar-lhe
Porque lhe estou a falar…


Fernando Pessoa

Savoir que quelqu'un pense à toi, dans une autre dimension.
Sentir cette main douce et légère qui te frôle sans la voir pourtant. Il est des présences plus fortes qu'un simple passage. Ces présences qui te rendent attentif au moindre souffle, à la forme des nuages.  Tu ne crois pas : tu sais, tu sens. Sans rien demander, tu reçois la force qui t'aide à traverser le brouillard, tu aimes davantage avec un peu de l'âme qu'on te prête pour à ton tour avancer tranquillement vers la fin sans la craindre. La greffe a pris, tu es imbibé de l'essence du passeur. Le silence n'existe pas et tu n'es jamais seul quand tout bruisse d'une vie éternelle, du petit à l'infiniment grand. Tout résonne de la présence des êtres aimés. Personne n'est parti: c'est toi qui t'es éloigné d'eux. Regarde-les, dans les mots, dans les regards. Entends-les dans le vent, dans les notes. C'est eux qui te ressuscitent chaque fois que tu inspires un peu de ce …
L'aurore n'est pas si loin
Et le vide que tu crains
N'est que l'espace créé en toi
Pour faire grandir ce en quoi tu crois

Ta noirceur est aussi profonde
Que la lumière qu'elle révèle
Les larmes qui t'inondent
Ne seront jamais de celles

Qui t'empêcheront de refaire
Jour après jour, un peu plus fort
Les forces menant vers le clair
Matin, jour neuf porteur d'encores

Les pas et les heures entre eux et toi
Ne peuvent rien faire contre tout
Ce qui se tisse depuis longtemps
Et réunit au fil des jours l'essentiel

Celui que tu portes sans le savoir
Celui qui te fait reconnaître
Par des âmes pareilles à la tienne
A demi-mots elles te comprennent

L'ombre que tu noies est l'envers
De la lueur qui les attire
Vois-les comme ils te voient
Reflet de leurs âmes que tu sais lire

Etre seul c'est ne rien sentir
Regarde comme tu sais appartenir
Aux pensées de quelqu'un, même loin
Rien ne te retient.
Turner, Dawn after the wreck
My horse is like a hollow
Digging the ground
With heavy sounds
My horse is like a spoon
Carving the air
While breathing out
My horse is weeping
When it can't prance
It would like to embrace
Clouds in a final dance

I hear its steps
My wait is not vain
It will bounce
Out of my heart
Hence I quit the desert
Black pride and fierce look
It knows perfectly how you took
Advantage of me - one step, one step.
Then a gallop.

Close your eyes my black proud horse
Hold tight the smell of burning grounds
Run fast to keep the firelight going strong
Make your steps take the words further
To hearts whose silence needs no longer
To be.


J'ai recommencé mille fois.
Rien ne reflètera la pureté perçue.
Essayer, viser, rater, se relever.

C'est bien cet écart entre la pensée et l'acte qui nous garde en vie. Yeux écarquillés et doigts tendus vers l'absolu rêvé. Vain le mensonge d'une quête effrénée pour prétendre être plus qu'un homme. Tendre le regard sur cette obstination valeureuse et orgueilleuse. Tomber c'est embrasser chaque fois un peu plus d'humilité, se relever plus haut pour peut-être choir plus bas. Reposer les pieds à plat, tenter le pas et revenir à la terre pour un instant ou pour une éternité relative.
Le vide rassure aussi par les promesses qu'il contient et par le contentement qu'il procure quand nous nous sommes mutuellement apprivoisés.

Mille et une fois. Sans penser à la dernière, l'ultime. Je creuse la terre chaque jour, je prépare ma fin en couvrant mon ciel de joies petites et simples.



Source: https://i.pinimg.com/originals/29/25/80/2925805c1317f7556d5cc2f…
"I remember that time you told me you said
'Love is touching souls'
Surely you touched mine
'Cause part of you pours out of me
In these lines from time to time
Oh, you're in my blood like holy wine
You taste so bitter and so sweet"


Joni Mitchell A case of you
Ce n'est pas parce que les cerisiers n'ont plus de fleurs
Que tout doit s'arrêter.
Il y a déjà une autre chaleur qui s'en vient,
La vois-tu, douceur ambrée dans l'âtre et les feuilles?
Ce n'est plus le temps des décisions légères
Ni des soubresauts primesautiers
La froideur attise le feu comme protégé durant l'été
Un triomphe hivernal t'attend
Chaque souffle plus puissant
Et des ciels plus purs, tranchants de vérité.
Le silence est un aveu.



Cy Twombly, Quattro stagioni : Inverno 1993-5.