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Au plus près des mots ta voix palpite
En secret les sons s’élaborent Egrégore reflet de l’âme Poursuis ton voyage Jusqu’à l’embouchure Pour inonder le monde Te fondre dans d’autres courants Et refaire le cycle sans fin


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Contaminé par l'étincelle
Scories en pagaille
Qui dévalent tête pieds
Lave lave encore

Des couches basaltes
Des rives désertes
Un creux pour l'âtre
Encore subsiste

Rien est suffisant
Pour ranimer le feu
Ton oeil dansant
Un accent bleu

L'air consume
Tout ton souffle
Comme la promesse
D'une ardeur inextinguible

Tu nourris l'âtre
Refais les feux 
D'hier, quand l'autre
Amenait l'art

Quand deux -
silex contre silex -
donnait à voir
l'arrêt sur image

L'incannaissance d'un savoir amoureux


pour ADL
Soyons silencieux Soyons silencieux Car là tonnent trop D’étourdissements Insensés, dérivés
Gardons à part La flamme vive Pour qu’elle s’élève Au-delà de la rive
Sans retomber Dans l’eau saumâtre Des platitudes Gardons l’audace De l’altitude
Les mots transis Des autres, que tu dis, Que tu vénères Quand tu t’énerves
J’assiste muette A l’incendie Tu ne me dis rien A moi
Tu crains Ce qui est vain Tu feins De connaître la fin
Soyons silencieux Pour que ton âme gronde Soyons silencieux Dans le brasier qu’inonde
Ton regard persistant Inéluctable présent Porteur des mots Reçus par mon cœur
Crépitent mots Que j’aime voir Sur les détours De ton regard Flambent aveux Inouïs Déraisonnables
Pointe des pieds Pointe lacérant Pointe des pieds
Tant et tant et tant De pas traînés ici et là Pieds usés bosselés las
Porter le ciel Sur mes frêles Epaules vieilles D’illusions perdues
Tu arrives, tu t’arrimes Pourquoi mon port ? Chavire, noyé mon sort
De condamnée Défaillante à vivre Tu me contamines D’une fièvre ardente
Mes yeux jaunes Soudain clairs Comme les tiens Cherchent à percer
Tous les mystères Essaimer le feu Disperser l’eau
Ah je ris Il restait Un brasier
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pour  A.
Quelque part dans le monde
un éclat débarque
en moins d'une seconde
voilà qu'il te frappe

les journées ordinaires
mutent en épopées
te voilà en guerre
sans manier l'épée

le tribut sera lourd
pour un coeur léger
plus la peine que tu coures
tout aura changé

incendié par la grâce
tu te vois dévasté
si les raisons t'échappent
le temps saura révéler

ce que les creux abritent
et livrent en abondance
l'éclat devient vérité
chaque seconde une chance

d'exposer à la lumière
la transmutation
des images de naguère
en prémices d'une vérité

douce éclatante et sans peur
qui éblouit déjà


Germaine RICHIER
DON QUICHOTTE A L'AILE DE MOULIN, 1949

Não sei quantas almas tenho Não sei quantas almas tenho.
Cada momento mudei.
Continuamente me estranho.
Nunca me vi nem acabei.
De tanto ser, só tenho alma.
Quem tem alma não tem calma.
Quem vê é só o que vê,
Quem sente não é quem é, Atento ao que sou e vejo,
Torno-me eles e não eu.
Cada meu sonho ou desejo
É do que nasce e não meu.
Sou minha própria paisagem;
Assisto à minha passagem,
Diverso, móbil e só,
Não sei sentir-me onde estou. Por isso, alheio, vou lendo
Como páginas, meu ser.
O que segue não prevendo,
O que passou a esquecer.
Noto à margem do que li
O que julguei que senti.
Releio e digo: “Fui eu?”
Deus sabe, porque o escreveu.
PESSOA
En cette vie, où je suis mon sommeil,
Je ne suis pas mon sommet, Qui je suis est qui je m’ignore et vit A travers cette brume que vraiment je suis, Toutes les vies que j’aie eues autrefois, Dans une seule vie. Je suis mer; clapotis faible, rugissement vers les hauteurs, Mais ma couleur provient de mon ciel élevé, Et je ne me rencontre que lorsque de moi je fuis.
Qui donc guidait mes pas de jeune enfant sinon L’âme véritable qui se trouvait en moi? Attachée par les bras du corps, Elle ne pouvait être plus. Mais, sans nul doute, un geste, un regard, un oubli Aussi, aux yeux de qui aurait bien regardé La Présence Réelle sous le déguisement De mon âme présente ici sans y prétendre.
Fernando Pessoa, extrait de L’ultime sortilège, in « Il n’y a pas de mort », poèmes ésotériques. (1913-1934)