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Articles

Je rejoins les Asturies
Epopée illusoire méandres veloutés
Une pincée d'espoir en germe
La crevasse à peine abordée

Détailler pourquoi détailler
Toujours le couteau
La voilure presque fendue
Laisse-moi y aller

Il n'y a pas plus d'azur
Emaillant ton regard
Que d'espaces rendus
Sur la carte au hasard

Petites pierres disposées
Pépites secrètement enfouies
Si tu ris j'y vais
Ricochets espérés



Magnus Enckell, Par la fenêtre
Articles récents
Quelques diverticules
traînent encore sur le tapis
les taches, peu m'importe
Il faudrait démêler un peu

Brosser c'est un effort
tu sens la poussière
soulevée au passage?
Un remugle insensé

Les particules en suspension
une à une dans mes bronches
maculent les fluides
ridicule tentative de contamination

Résistance résiliente
des alchimies finies
Y'a des poudres adjacentes
Sur lesquelles je m'appuie

Place nette printemps fleuri
nouvelle peau pour le tapis.
Des branches fières et nouvelles
Oh le doux tissage!


Si le silence en dit si long
que la main n'en vaut plus la peine
les signes seulement savaient taire
à l'endroit toutes les heures
perdues - lasse alors ces palabres
m'encombrent

Des illusions ombres perdues dissolues
les travers et les enjambées
qu'il faut escamoter
pour éviter que le ridicule ne nous tue.
Le moineau qui volète
a plus d'assurance.

Pour perdurer du vide
qu'on entasse partout
partout les béances
les paroles gonflées
qui craquent tout à coup
j'observe les big bangs

Retourner aux plis rassurants
les creux que j'aime
caresser profonds le front
et quelques lignes dans la main
des rails que j'emprunte seule
en vain.




Avant il suffisait d'un revers de la main.
Je crois que l'âge n'assagit rien mais amplifie les moindres échos perçus au tréfonds.
On balayait devant sa porte et place nette était faite pour qui suivrait sur le palier. Entretemps, la poussière avait à peine le temps de se déposer. Un passage succédait à l'autre mais rien n'entravait la bonne marche de l'espoir qu'un jour, les mêmes traces se superposent, encore et encore, au même endroit entêtées fidèles et fières. Pour former une écorce solide et rassérénante. Je voulais humer cette écorce de toutes mes forces alors qu'il n'y avait pas moyen de faire prendre racine aux poudres disséminées ici et là.

Aujourd'hui les moindres interstices sont comblés par des éclairs insensés. Rien n'est fait pour les provoquer mais toute la place leur est donnée s'ils le souhaitent. Nous avons trop voulu les parfaites palissades impénétrables. Mais l'écorce elle-même recèle plus d'antres secrètes …
Al l'alba l'intravedo
Chiara e solare : la verità - davanti a me.
E tu né io non puoi ignorarlo.
L'invito al mio tavolo.
Mi fa bere :vuole essere sentita.
Le sue parole sono quelli che ho già scritto 
Allora so che non avevo sognato
poiché la verità l'ha detta della sua propria bocca -
questa verità che risuona da così tanto tempo;
se l'ignori ritorna dipingere i tuoi sogni
tra te e me, da qualche parte
questa mezza verità aspetta le idee chiare.
Sa che può farmi cedere.
Vai a restare sul lato
col silenzio per rassicurarti - ti piace così.
Non ho più paura. Mi sento forte
ma il tempo è passato.Che cosa andiamo a fare della verità?


Dans l’écorce poser ma main Essayer d’entrer dans les entrelacs J’ai confondu la peau et l’écho Mêmes lignes mais directions parallèles Impossible de rejoindre un unique réel
Alors j’extrais quelques fragments Qui représentent mes dignités Quelques segments de liège blanc Qui scellent de manière inachevée
Ce qui meut mon âme Mais échoue à toucher Les autres qui se pâment Pour d’autres vérités Que la mienne Et seule Enfin J’écris.





Un geste Un son peut-être Quelques lignes grattées Quand je m’ennuyais, assoiffée D’un peu de matière en fusion Pour réunir tout ce qui fait impression Qui contamine et se répand tranquillement
The red glove was appealing
Despite its unfitted size
My hand waited for storming
Each part of its sweet space

Gloves are needed
When time is cold
Hearts always bleed
When love is gone

Each one of my finger
Slightly rose to the tissue
Fears melted to snow
On a fainted posture

Drops of tea and hidden smile
Is all that remains
Hot liquid brightened the hour
Made a scar through the glove

I tilted and decided
That the flavour was bitter
Enough to show up my own skin
Between the grim lines

Oh familiar acquaintances
I leave you - no trace.
Unfairly the red glove
Put a spell into this cup of tea.

Red wine would have led my hands to darker places.
No pain no gain.


Marie Laurencin La songeuse


Au fond, sourire est tout ce qui compte.

C'est bien ce que tu m'as laissé comme certitude fondamentale. La lutte est vaine si elle se fait poings serrés. Rester debout en prenant soin de cultiver le bon côté, s'obstiner patiemment, résolument, à chercher et trouver tout le bon que recèlent mêmes les pires moments. Tu ne voulais pas laisser de trace et pourtant ton empreinte me soulève souvent. Plus haut que moi -  toi qui sais injecter la joie pour m'éviter la pesanteur et revenir aux évidences terrestres pour calmer ces quêtes effrénées et futiles.

Il y a le sol, nos pieds. Tu me fais relever la tête si souvent que j'en oublie de pleurer ton absence. Assurément, tu n'es pas dans l'humus fraîchement constitué: ta présence plane partout. Je saisis chaque signe au vol, chaque fois émue par la simplicité du geste. Donner peut se faire dans toutes les dimensions y compris celles que je ne connais pas encore. Il flotte un sentiment de force douce et impétueuse …
Presságio  

O amor, quando se revela,
Não se sabe revelar.
Sabe bem olhar pra ela,
Mas não lhe sabe falar.
Quem quer dizer o que sente
Não sabe o que há de dizer.
Fala: parece que mente…
Cala: parece esquecer…
Ah, mas se ela adivinhasse,
Se pudesse ouvir o olhar,
E se um olhar lhe bastasse
Pra saber que a estão a amar!
Mas quem sente muito, cala;
Quem quer dizer quanto sente
Fica sem alma nem fala,
Fica só, inteiramente!
Mas se isto puder contar-lhe
O que não lhe ouso contar,
Já não terei que falar-lhe
Porque lhe estou a falar…


Fernando Pessoa

Savoir que quelqu'un pense à toi, dans une autre dimension.
Sentir cette main douce et légère qui te frôle sans la voir pourtant. Il est des présences plus fortes qu'un simple passage. Ces présences qui te rendent attentif au moindre souffle, à la forme des nuages.  Tu ne crois pas : tu sais, tu sens. Sans rien demander, tu reçois la force qui t'aide à traverser le brouillard, tu aimes davantage avec un peu de l'âme qu'on te prête pour à ton tour avancer tranquillement vers la fin sans la craindre. La greffe a pris, tu es imbibé de l'essence du passeur. Le silence n'existe pas et tu n'es jamais seul quand tout bruisse d'une vie éternelle, du petit à l'infiniment grand. Tout résonne de la présence des êtres aimés. Personne n'est parti: c'est toi qui t'es éloigné d'eux. Regarde-les, dans les mots, dans les regards. Entends-les dans le vent, dans les notes. C'est eux qui te ressuscitent chaque fois que tu inspires un peu de ce …