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Affichage des articles du 2019
6 avril 2018
Je crois que je connais quelqu'un. Pour de vrai. 
C'est très bizarre, et je ne sais absolument pas comment l'expliquer. C'est sans doute ce phénomène rare qui fait que tu te sens sur la même longueur d'ondes qu'une personne en moins de temps qu'il ne faut pour le dire; et sans rien dire ou presque justement, l'essentiel est saisi. Je me sens désarmée et par conséquent, les phrases toutes faites n'ont absolument plus aucun intérêt. Je ne m'explique pas comment quelqu'un peut à ce point me ressembler ou me deviner, et réciproquement. 
C'est comme si on était déjà au centre, les couches extérieures, les pelures d'oignon, sont déjà parties sans avoir à rien faire. 
Que dire dans ces cas-là?



Man Ray
L'aurore n'est pas si loin Et le vide que tu crains N'est que l'espace créé en toi Pour faire grandir ce en quoi tu crois
Ta noirceur est aussi profonde Que la lumière qu'elle révèle Les larmes qui t'inondent Ne seront jamais de celles
Qui t'empêcheront de refaire Jour après jour, un peu plus fort Les forces menant vers le clair Matin, jour neuf porteur d'encores
Les pas et les heures entre eux et toi Ne peuvent rien faire contre tout Ce qui se tisse depuis longtemps Et réunit au fil des jours l'essentiel
Celui que tu portes sans le savoir Celui qui te fait reconnaître Par des âmes pareilles à la tienne À demi-mots elles te comprennent
L'ombre que tu noies est l'envers De la lueur qui les attire Vois-les comme ils te voient Reflet de leurs âmes que tu sais lire
Etre seul c'est ne rien sentir Regarde comme tu sais appartenir Aux pensées de quelqu'un, même loin
Gris tu m’enrobes Je malaxe quelques grains Il ne va rien arriver Si je continue il ne va rien arriver Belle angoisse qui m’étreint Bleu chagrin coutumier Je compte un à un Les pas qui me séparent Du saut ultime Qui a peur d’éclabousser En plongeant de dix mètres De haut Sous ces auspices Et même si tempête il y a Plonger est nécessaire Qui sait si l’écume rejetée Ne sera pas juste de la rosée Salvatrice de tous côtés Qui sait si moi-même Je n’ai pas attrapé le désir De sauter dans l’eau profonde Grâce à d’autres éclats jaillis D’ailleurs et qui m’ont inondée Désirs contagieux et rêves similaires Peurs qu’on croit solitaires
Il est une vague pour chacun Il est une vague que je parcours enfin Le doigt sur la trace laissée au fusain Souffle expirant sur le vélin Va le signe, va encore Placer tes courbes lucides Sur le papier couché pour toi Je m’y trempe, encre délavée Certaine de revenir des abysses
Après le tour de tes mains
Et le détour jusqu'à demain
Pour imprimer en ocelles
Les preuves qu'on reste rebelles

Que ferai-je de tes mots?
Insaisissable funambule
A ausencia me devora
O silencio me trago
A trais o tempo.

Sou um voz
Que nao pode falar
Sou um sol
Que tenta de brilhar

Nossos vidas
e nossas almas
Tantas pernas et tantas cais
Ha vontade de viajar
E pedir uma canção
Pra lhe dizer tudo ou nada
Pra lhe dizer que me falta
No coracao e no meu peito

Vem o dia e vem o espera
E nao posso saber como refletar
A luz que viu no seu olhar
The scent of nature

Healing scars and illusions

Feet underneath

Head in the hollow

Of the eternal arrow

My aim between eyes

Childish wills

The whole emptiness

Feeds my breath

Oh sweet embrace

Of the oak

I will rest under your arms

Till my soul becomes clear

Emancipation oak, Hampton, Virginia
Il en est du vide comme des saisons: elles se succèdent l'une à l'autre si bien qu'on ne peut s'y attacher indéfiniment.
Se concentrer sur une seule pensée par peur du vide, serait-ce aussi la seule façon d'avancer vers un but inavoué? Chaque jour recommencer, araser la surface tumultueuse. Je déblaie les scories des anciens incendies, je n'enterre pas. Il est plus doux de les laisser s'envoler au vent qui passe et d'imaginer qu'elles planteront dans la terre une trace quelconque capable de renouveler l'inspiration et la croissance d'une plantule grêle et obstinée.

Il y a tout un monde encore, entre ma pensée et le monde autour.


19/01/2019



Du feu plus que nécessaire,
des étincelles qui s'éparpillent
En longues traînées
J'ai touché l'une d'elles
Craquement coeur et corps
Moi l'allumette embrasée

Tout ce délicat dans l'âtre
de ton être en fusion
Tu te rappelles le magma?
Je marche sur les plaques
tu jettes de quoi maintenir la flamme

Est-ce qu'un feu est tout ce qu'il nous faut réinventer
Pour refaire le chemin de l'Homme à l'humain
Et évaporer l'eau déliquescente qui nous fait couler?
En nous subsistent les traces de lignes obstinées
A vivre plutôt que survivre, la boue aux pieds
La tête toujours levée vers les étoiles du lendemain.
Un printemps vacarme contenant trop de voix. Je vais de l’une à l’autre, tendant l’oreille en pensant percevoir la note de la vérité, quelque part décrochée au détour d’un refrain seriné sans relâche. Les oiseaux purs et légers deviennent des combattants piaillant d’impatience, convaincus que la vie tient à leur chant. Tenir et faire éclater la vérité réside pour eux dans cette constance à se faire entendre. Résister est devenu synonyme de s’époumoner.
L’âpre lutte revêt des habits tantôt volontairement rapés, tantôt encensés juste comme il faut. Il est question de tout: les voix se mêlent, l’unisson est bancal.
L’illusion de l’unisson. La stérilité des solos. Et un petit oiseau sur la branche, hésitant à rejoindre l’une ou l’autre des extrémités: s’ancrer plus près des racines ou prendre le risque de l’envol. Quel envol? Aucune nouvelle note ne se fait entendre, toutes sont les résurgences de périodes déjà lointaines. Parfois se détachent de la cacophonie des tentatives qui se veulent …
J'aimerais faire l'expérience de ta présence.

First ironic then iconic.
You were the fire
While I was drowning
Take off some water drops

Put them on your lips - this shining light
Between words and smiles

I was infected by your anger
Some smart ideas went on
Life was suddenly bigger
It took advantage on my age

Among the crawling crowd
Your mesmerizing appearance
Promises never told
All about walking without chatting

You're the very start
that splits apart
infatuated speeches.

Words action words action
Motion









Je rejoins les Asturies
Epopée illusoire méandres veloutés
Une pincée d'espoir en germe
La crevasse à peine abordée

Détailler pourquoi détailler
Toujours le couteau
La voilure presque fendue
Laisse-moi y aller

Il n'y a pas plus d'azur
Emaillant ton regard
Que d'espaces rendus
Sur la carte au hasard

Petites pierres disposées
Pépites secrètement enfouies
Si tu ris j'y vais
Ricochets espérés



Magnus Enckell, Par la fenêtre
Quelques diverticules
traînent encore sur le tapis
les taches, peu m'importe
Il faudrait démêler un peu

Brosser c'est un effort
tu sens la poussière
soulevée au passage?
Un remugle insensé

Les particules en suspension
une à une dans mes bronches
maculent les fluides
ridicule tentative de contamination

Résistance résiliente
des alchimies finies
Y'a des poudres adjacentes
Sur lesquelles je m'appuie

Place nette printemps fleuri
nouvelle peau pour le tapis.
Des branches fières et nouvelles
Oh le doux tissage!


Si le silence en dit si long
que la main n'en vaut plus la peine
les signes seulement savaient taire
à l'endroit toutes les heures
perdues - lasse alors ces palabres
m'encombrent

Des illusions ombres perdues dissolues
les travers et les enjambées
qu'il faut escamoter
pour éviter que le ridicule ne nous tue.
Le moineau qui volète
a plus d'assurance.

Pour perdurer du vide
qu'on entasse partout
partout les béances
les paroles gonflées
qui craquent tout à coup
j'observe les big bangs

Retourner aux plis rassurants
les creux que j'aime
caresser profonds le front
et quelques lignes dans la main
des rails que j'emprunte seule
en vain.




Avant il suffisait d'un revers de la main.
Je crois que l'âge n'assagit rien mais amplifie les moindres échos perçus au tréfonds.
On balayait devant sa porte et place nette était faite pour qui suivrait sur le palier. Entretemps, la poussière avait à peine le temps de se déposer. Un passage succédait à l'autre mais rien n'entravait la bonne marche de l'espoir qu'un jour, les mêmes traces se superposent, encore et encore, au même endroit entêtées fidèles et fières. Pour former une écorce solide et rassérénante. Je voulais humer cette écorce de toutes mes forces alors qu'il n'y avait pas moyen de faire prendre racine aux poudres disséminées ici et là.

Aujourd'hui les moindres interstices sont comblés par des éclairs insensés. Rien n'est fait pour les provoquer mais toute la place leur est donnée s'ils le souhaitent. Nous avons trop voulu les parfaites palissades impénétrables. Mais l'écorce elle-même recèle plus d'antres secrètes …
Al l'alba l'intravedo
Chiara e solare : la verità - davanti a me.
E tu né io non puoi ignorarlo.
L'invito al mio tavolo.
Mi fa bere :vuole essere sentita.
Le sue parole sono quelli che ho già scritto 
Allora so che non avevo sognato
poiché la verità l'ha detta della sua propria bocca -
questa verità che risuona da così tanto tempo;
se l'ignori ritorna dipingere i tuoi sogni
tra te e me, da qualche parte
questa mezza verità aspetta le idee chiare.
Sa che può farmi cedere.
Vai a restare sul lato
col silenzio per rassicurarti - ti piace così.
Non ho più paura. Mi sento forte
ma il tempo è passato.Che cosa andiamo a fare della verità?


Dans l’écorce poser ma main Essayer d’entrer dans les entrelacs J’ai confondu la peau et l’écho Mêmes lignes mais directions parallèles Impossible de rejoindre un unique réel
Alors j’extrais quelques fragments Qui représentent mes dignités Quelques segments de liège blanc Qui scellent de manière inachevée
Ce qui meut mon âme Mais échoue à toucher Les autres qui se pâment Pour d’autres vérités Que la mienne Et seule Enfin J’écris.





Un geste Un son peut-être Quelques lignes grattées Quand je m’ennuyais, assoiffée D’un peu de matière en fusion Pour réunir tout ce qui fait impression Qui contamine et se répand tranquillement
The red glove was appealing
Despite its unfitted size
My hand waited for storming
Each part of its sweet space

Gloves are needed
When time is cold
Hearts always bleed
When love is gone

Each one of my finger
Slightly rose to the tissue
Fears melted to snow
On a fainted posture

Drops of tea and hidden smile
Is all that remains
Hot liquid brightened the hour
Made a scar through the glove

I tilted and decided
That the flavour was bitter
Enough to show up my own skin
Between the grim lines

Oh familiar acquaintances
I leave you - no trace.
Unfairly the red glove
Put a spell into this cup of tea.

Red wine would have led my hands to darker places.
No pain no gain.


Marie Laurencin La songeuse