Accéder au contenu principal

Tu sauras avant moi
Ce qui vaut la peine ou non
J’ai mal vécu de petites infamies
Tu relèves le col et tu souris
Il y a un siècle on aurait dit
Entre nous, pourtant juste
La distance d’une vie

Tu saisis tout à bras le corps
Pendant que je passe mon temps
A prendre plaisir à faire le mort
J’endosse des costumes mal taillés
Toi tu tournes autour des feux follets

Léger, vaillant, tu exaspères
Mes certitudes vermoulues
Lunettes cerclées de fer
Tu te fous de ce que j’ai vu

Le monde est neuf à chaque instant
Preste serment entre nous deux
Celui de révéler à l’autre
Un peu de l’essence qui vaut le jeu

Allumer doucement les feux
Tu laisses toujours la lumière
Danser quelque part au chaud
J’enterre tout par peur du sanglot

Dans l’espace entre tes yeux mi-clos
J’ai compris tout et vu le vide
Tu m’accordes enfin le repos
Qui me retrouvera apaisé, avide
De courir encore même souffle court

Et me laisser aller vers la langueur finale

 Kiyochika Kobayashi  "Torii and Full Moon" 

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Longtemps j'ai cru parvenir un jour à l'âge où j'enlèverai la dernière peau. Et chemin faisant, chaque fois que je défaisais un noeud de plus, le linge tombait à terre pour découvrir d'autres oripeaux. A la peur d'avoir sans cesse à lutter contre la honte de montrer ce bout de moi s'ajoutait ce sentiment implacable de n'être pas encore arrivée à l'essentiel, au coeur. Cependant l'âge assagit ma combativité en me faisant comprendre la joie d'avoir toujours et encore un espace à découvrir, à partager.
J'allais ainsi plus légère à chaque fois, plus dépouillée, plus heureuse. D'une quête effrénée vers l'absolu, le quotidien s'est mué en plaisir d'un chemin simple. Accepter simplement avec humilité l'infini voyage vers le rien et me trouver comblée du tout que j'y découvrais.
C'est avec rare occasion mais chaque fois pleine de certitude que j'observais le même phénomène chez des êtres chers, ou chez des âmes dont …
Aucune heure ne saura troubler l'instant choisi
Aucune éclipse n'évincera les mots transis
Par la clarté lunaire, j'ai vu l'abysse
Je m'y suis reflétée
Dans tes quartiers d'impasse
Un croissant m'appelle pour compléter la nuit

Le gardien à la clé rouillée
Dort sous le porche bleu
Sur mes joues mouillées
L'odeur d'un récent feu
Tout était correct, je suis entrée
J'avais les codes ad hoc

Trois miles sous la surface
J'ai plongé dans l'interstice
Pour me voiler la face
Ton arrivée subreptice

A fait fondre le plomb
Explosé la serrure
Je pensais tenir bon
J'ai lâché l'armure
Il y a du sel sur ta peau
L'âpre brûlure de l'étau

Des solutions entières
Ou avec des virgules
L'équation du vide amer
L'instant où tu recules
J'ai bu la potion perdu notion
Intervalles disjoints

Cy Twombly, Coronation of Sesostris (Part V)



IV                                  07.01.2018

Je te regarde je te décrypte je te dévore

On est quitte

Des essaims bourdonnants qui m’assaillent

Une seule parole qui vaille

La peine que je répète en boucle, à l’heure,

Sans me presser

Une seule note que j’aime

Que tu sais composer, souvent, à demi, en douce, endormie,

Vaillante et fière, j’espère souvent qu’elle va venir ranimer

L’envie d’allonger paroles et regards qui s’entortillent

Tu m’arrimes à la cheville de ta pensée

Tu es la seule qui parviennes à me faire aimer

L’orée des mots


Le triomphe de l'amour    Camille CLAUDEL