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Dans le néant qui revient en écho
il y a le doute
il y a la faute
Je ne choisis aucun des deux

Assaillie par la profondeur
de la voie
je mesure
L'immensité qui n'aura pas lieu

Tressaillir et ouvrir l'oeil
- non par peur -
par déclic
La paupière glissant sur l'horizon violet

En myriades de spirales
lumineuses
insaisissables
Les actes m'apparaissent entremêlés

Le goût du regret
attire
et écoeure
Je m'éloigne vers la clarté

Je choisis
le Souffle qui m'unit à toi

Brancusi, Le baiser

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Longtemps j'ai cru parvenir un jour à l'âge où j'enlèverai la dernière peau. Et chemin faisant, chaque fois que je défaisais un noeud de plus, le linge tombait à terre pour découvrir d'autres oripeaux. A la peur d'avoir sans cesse à lutter contre la honte de montrer ce bout de moi s'ajoutait ce sentiment implacable de n'être pas encore arrivée à l'essentiel, au coeur. Cependant l'âge assagit ma combativité en me faisant comprendre la joie d'avoir toujours et encore un espace à découvrir, à partager.
J'allais ainsi plus légère à chaque fois, plus dépouillée, plus heureuse. D'une quête effrénée vers l'absolu, le quotidien s'est mué en plaisir d'un chemin simple. Accepter simplement avec humilité l'infini voyage vers le rien et me trouver comblée du tout que j'y découvrais.
C'est avec rare occasion mais chaque fois pleine de certitude que j'observais le même phénomène chez des êtres chers, ou chez des âmes dont …
Aucune heure ne saura troubler l'instant choisi
Aucune éclipse n'évincera les mots transis
Par la clarté lunaire, j'ai vu l'abysse
Je m'y suis reflétée
Dans tes quartiers d'impasse
Un croissant m'appelle pour compléter la nuit

Le gardien à la clé rouillée
Dort sous le porche bleu
Sur mes joues mouillées
L'odeur d'un récent feu
Tout était correct, je suis entrée
J'avais les codes ad hoc

Trois miles sous la surface
J'ai plongé dans l'interstice
Pour me voiler la face
Ton arrivée subreptice

A fait fondre le plomb
Explosé la serrure
Je pensais tenir bon
J'ai lâché l'armure
Il y a du sel sur ta peau
L'âpre brûlure de l'étau

Des solutions entières
Ou avec des virgules
L'équation du vide amer
L'instant où tu recules
J'ai bu la potion perdu notion
Intervalles disjoints

Cy Twombly, Coronation of Sesostris (Part V)



L'indicible n'a pas d'image.       Avril 2018




C’était toi bien avant l’heure

Et je ne savais pas que mes erreurs

Seraient toujours effacées par

Le temps qui me paraissait si étendu

Que je t’avais cru infini

Le temps était révolu

Où je te pensais parti

J’allais loin, tu étais là

Et puis soudain...






Reviens.






Alors c’était ça

Que tu préparais en secret

Il aura fallu ce temps

Pour que j'avale toutes les fréquences

Pour calquer mes pas sur ta danse

Rêver comme avant


Surprise par une goutte

La brutale fraîcheur du départ

L’ignorance à laquelle je voulais croire

On peut renier, pas de doute




Avant, après, quelle importance

Restera ce qui est





J’avoue le manque

La douleur

Le trou béant

Les pourquoi