Accéder au contenu principal


Avant il suffisait d'un revers de la main.
Je crois que l'âge n'assagit rien mais amplifie les moindres échos perçus au tréfonds.
On balayait devant sa porte et place nette était faite pour qui suivrait sur le palier. Entretemps, la poussière avait à peine le temps de se déposer. Un passage succédait à l'autre mais rien n'entravait la bonne marche de l'espoir qu'un jour, les mêmes traces se superposent, encore et encore, au même endroit entêtées fidèles et fières. Pour former une écorce solide et rassérénante. Je voulais humer cette écorce de toutes mes forces alors qu'il n'y avait pas moyen de faire prendre racine aux poudres disséminées ici et là.

Aujourd'hui les moindres interstices sont comblés par des éclairs insensés. Rien n'est fait pour les provoquer mais toute la place leur est donnée s'ils le souhaitent. Nous avons trop voulu les parfaites palissades impénétrables. Mais l'écorce elle-même recèle plus d'antres secrètes qu'une roche lavée au soleil jour après jour.
Mes tendres anfractuosités accueillent des nuées anticycloniques qui font défaillir l'ensemble. Une sève aux composants modifiés par l'air ambiant. Quelque chose qui voudrait faire éclater une deuxième peau sous la surface enchevêtrée de mousses sauvages. Parcelles éruptives dont on sent bientôt les nouveaux soubresauts à l'arrivée de ces lueurs étranges.

Déranger l'ordre interne est l'ordre même de la vie.
On arrange les pièces, on laisse faire ou l'on s'obstine à serrer contre soi le bois des anciens cernes.
Un nouveau cercle se forme et la sève coule plus brillante et parfumée.
J'encolle un nouvel espoir au dos de mes pensées.





Signac, Pin à Saint-Tropez

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Longtemps j'ai cru parvenir un jour à l'âge où j'enlèverai la dernière peau. Et chemin faisant, chaque fois que je défaisais un noeud de plus, le linge tombait à terre pour découvrir d'autres oripeaux. A la peur d'avoir sans cesse à lutter contre la honte de montrer ce bout de moi s'ajoutait ce sentiment implacable de n'être pas encore arrivée à l'essentiel, au coeur. Cependant l'âge assagit ma combativité en me faisant comprendre la joie d'avoir toujours et encore un espace à découvrir, à partager.
J'allais ainsi plus légère à chaque fois, plus dépouillée, plus heureuse. D'une quête effrénée vers l'absolu, le quotidien s'est mué en plaisir d'un chemin simple. Accepter simplement avec humilité l'infini voyage vers le rien et me trouver comblée du tout que j'y découvrais.
C'est avec rare occasion mais chaque fois pleine de certitude que j'observais le même phénomène chez des êtres chers, ou chez des âmes dont …
Aucune heure ne saura troubler l'instant choisi
Aucune éclipse n'évincera les mots transis
Par la clarté lunaire, j'ai vu l'abysse
Je m'y suis reflétée
Dans tes quartiers d'impasse
Un croissant m'appelle pour compléter la nuit

Le gardien à la clé rouillée
Dort sous le porche bleu
Sur mes joues mouillées
L'odeur d'un récent feu
Tout était correct, je suis entrée
J'avais les codes ad hoc

Trois miles sous la surface
J'ai plongé dans l'interstice
Pour me voiler la face
Ton arrivée subreptice

A fait fondre le plomb
Explosé la serrure
Je pensais tenir bon
J'ai lâché l'armure
Il y a du sel sur ta peau
L'âpre brûlure de l'étau

Des solutions entières
Ou avec des virgules
L'équation du vide amer
L'instant où tu recules
J'ai bu la potion perdu notion
Intervalles disjoints

Cy Twombly, Coronation of Sesostris (Part V)



L'indicible n'a pas d'image.       Avril 2018




C’était toi bien avant l’heure

Et je ne savais pas que mes erreurs

Seraient toujours effacées par

Le temps qui me paraissait si étendu

Que je t’avais cru infini

Le temps était révolu

Où je te pensais parti

J’allais loin, tu étais là

Et puis soudain...






Reviens.






Alors c’était ça

Que tu préparais en secret

Il aura fallu ce temps

Pour que j'avale toutes les fréquences

Pour calquer mes pas sur ta danse

Rêver comme avant


Surprise par une goutte

La brutale fraîcheur du départ

L’ignorance à laquelle je voulais croire

On peut renier, pas de doute




Avant, après, quelle importance

Restera ce qui est





J’avoue le manque

La douleur

Le trou béant

Les pourquoi