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Au fond, sourire est tout ce qui compte.

C'est bien ce que tu m'as laissé comme certitude fondamentale. La lutte est vaine si elle se fait poings serrés. Rester debout en prenant soin de cultiver le bon côté, s'obstiner patiemment, résolument, à chercher et trouver tout le bon que recèlent mêmes les pires moments. Tu ne voulais pas laisser de trace et pourtant ton empreinte me soulève souvent. Plus haut que moi -  toi qui sais injecter la joie pour m'éviter la pesanteur et revenir aux évidences terrestres pour calmer ces quêtes effrénées et futiles.

Il y a le sol, nos pieds. Tu me fais relever la tête si souvent que j'en oublie de pleurer ton absence. Assurément, tu n'es pas dans l'humus fraîchement constitué: ta présence plane partout. Je saisis chaque signe au vol, chaque fois émue par la simplicité du geste. Donner peut se faire dans toutes les dimensions y compris celles que je ne connais pas encore. Il flotte un sentiment de force douce et impétueuse à la fois. Le silence est rempli de toi.
Je suis gagnée par la joie et mon coeur se réchauffe sans effort, surpris et béni par ces instants furtifs et intenses où je ne suis pas seule. Je gagne la certitude que nous resterons liées. Tu m'as sauvée mille fois et tu continues à le faire sans distinction d'espace ni de temps. Merci.

L'ange bleu.  Chagall

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Longtemps j'ai cru parvenir un jour à l'âge où j'enlèverai la dernière peau. Et chemin faisant, chaque fois que je défaisais un noeud de plus, le linge tombait à terre pour découvrir d'autres oripeaux. A la peur d'avoir sans cesse à lutter contre la honte de montrer ce bout de moi s'ajoutait ce sentiment implacable de n'être pas encore arrivée à l'essentiel, au coeur. Cependant l'âge assagit ma combativité en me faisant comprendre la joie d'avoir toujours et encore un espace à découvrir, à partager.
J'allais ainsi plus légère à chaque fois, plus dépouillée, plus heureuse. D'une quête effrénée vers l'absolu, le quotidien s'est mué en plaisir d'un chemin simple. Accepter simplement avec humilité l'infini voyage vers le rien et me trouver comblée du tout que j'y découvrais.
C'est avec rare occasion mais chaque fois pleine de certitude que j'observais le même phénomène chez des êtres chers, ou chez des âmes dont …
Aucune heure ne saura troubler l'instant choisi
Aucune éclipse n'évincera les mots transis
Par la clarté lunaire, j'ai vu l'abysse
Je m'y suis reflétée
Dans tes quartiers d'impasse
Un croissant m'appelle pour compléter la nuit

Le gardien à la clé rouillée
Dort sous le porche bleu
Sur mes joues mouillées
L'odeur d'un récent feu
Tout était correct, je suis entrée
J'avais les codes ad hoc

Trois miles sous la surface
J'ai plongé dans l'interstice
Pour me voiler la face
Ton arrivée subreptice

A fait fondre le plomb
Explosé la serrure
Je pensais tenir bon
J'ai lâché l'armure
Il y a du sel sur ta peau
L'âpre brûlure de l'étau

Des solutions entières
Ou avec des virgules
L'équation du vide amer
L'instant où tu recules
J'ai bu la potion perdu notion
Intervalles disjoints

Cy Twombly, Coronation of Sesostris (Part V)



L'indicible n'a pas d'image.       Avril 2018




C’était toi bien avant l’heure

Et je ne savais pas que mes erreurs

Seraient toujours effacées par

Le temps qui me paraissait si étendu

Que je t’avais cru infini

Le temps était révolu

Où je te pensais parti

J’allais loin, tu étais là

Et puis soudain...






Reviens.






Alors c’était ça

Que tu préparais en secret

Il aura fallu ce temps

Pour que j'avale toutes les fréquences

Pour calquer mes pas sur ta danse

Rêver comme avant


Surprise par une goutte

La brutale fraîcheur du départ

L’ignorance à laquelle je voulais croire

On peut renier, pas de doute




Avant, après, quelle importance

Restera ce qui est





J’avoue le manque

La douleur

Le trou béant

Les pourquoi