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DEVANT L'OCÉAN BLÊME


Sous le ciel pluvieux, noyé de brumes sales,
Devant l'océan blême, assis sur un îlot,
Seul, loin de tout, je songe au clapotis du flot
Dans le concert hurlant des mourantes rafales.

Crinière échevelée, ainsi que des cavales,
Les vagues en tordant arrivent au galop
Et croulent à mes pieds avec de longs sanglots
Qu'emporte la tourmente aux haleines brutales.

Partout le grand ciel gris, le brouillard et la mer,
Rien que l'affolement des vents balayant l'air.
Plus d'heures, plus d'humains, et solitaire, morne,

Je reste là, perdu dans l'horizon lointain
Et songe que l'espace est sans borne, sans borne,
Et que le temps n'aura jamais... jamais de fin. 


Jules Laforgue

Ma mer d'Iroise...Bretagne_Finistere_PointeduRaz15119.jpg

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Longtemps j'ai cru parvenir un jour à l'âge où j'enlèverai la dernière peau. Et chemin faisant, chaque fois que je défaisais un noeud de plus, le linge tombait à terre pour découvrir d'autres oripeaux. A la peur d'avoir sans cesse à lutter contre la honte de montrer ce bout de moi s'ajoutait ce sentiment implacable de n'être pas encore arrivée à l'essentiel, au coeur. Cependant l'âge assagit ma combativité en me faisant comprendre la joie d'avoir toujours et encore un espace à découvrir, à partager.
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IV                                  07.01.2018

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Le triomphe de l'amour    Camille CLAUDEL