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Juste avant de délivrer
C'est l'oeil du cyclone
Qui s'empare désoeuvré
Des idées qui rayonnent

Ramener au centre ce qui disperse
Eviter les cendres et la boue qui blesse
J'attendais qu'un autre se charge à l'heure
De faire l'effort d'extirper avant qu'il ne meure
Le souffle pris en étau dans la gorge serrée
Par les mots reflués dans les temps où j'ai erré
Patience, tu m'avais dit mais l'espace a pris
Toute la place derrière mes yeux meurtris
Espoirs balayés mais coeur vaillant doux amer
Un feu qui brille là-bas au milieu de l'aber

Il est parti, la prochaine vague était la sienne
Il a vogué, souffle roulant sur marée humaine
J'ai forcé en vain alors qu'il était sur le point
D'aller tranquille, j'ignorais qu'il fallait ma main
Pour glisser du quai vers la quille
Parcourir en paix les premiers milles

J'ai vu le tout dans cet oeil
Tous étaient là sur le seuil
L'onde les portait dans un seul flot
J'ai vu les lignes entre eux et moi
Un fil brillant fin comme la soie
Rien qui divise, rien qui s'arrête
Des points rayonnants sur les crêtes
Des vagues où le souffle venait chercher l'écume
pour étancher sa soif et imbiber les gorges d'un nouveau ressac.


19-11-59  Zao Wou-Ki


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Longtemps j'ai cru parvenir un jour à l'âge où j'enlèverai la dernière peau. Et chemin faisant, chaque fois que je défaisais un noeud de plus, le linge tombait à terre pour découvrir d'autres oripeaux. A la peur d'avoir sans cesse à lutter contre la honte de montrer ce bout de moi s'ajoutait ce sentiment implacable de n'être pas encore arrivée à l'essentiel, au coeur. Cependant l'âge assagit ma combativité en me faisant comprendre la joie d'avoir toujours et encore un espace à découvrir, à partager.
J'allais ainsi plus légère à chaque fois, plus dépouillée, plus heureuse. D'une quête effrénée vers l'absolu, le quotidien s'est mué en plaisir d'un chemin simple. Accepter simplement avec humilité l'infini voyage vers le rien et me trouver comblée du tout que j'y découvrais.
C'est avec rare occasion mais chaque fois pleine de certitude que j'observais le même phénomène chez des êtres chers, ou chez des âmes dont …
Aucune heure ne saura troubler l'instant choisi
Aucune éclipse n'évincera les mots transis
Par la clarté lunaire, j'ai vu l'abysse
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Cy Twombly, Coronation of Sesostris (Part V)



IV                                  07.01.2018

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L’envie d’allonger paroles et regards qui s’entortillent

Tu m’arrimes à la cheville de ta pensée

Tu es la seule qui parviennes à me faire aimer

L’orée des mots


La valse, Camille CLAUDEL