Accéder au contenu principal





J’anime un feu

qui n’est que pour toi

j’ai mis des cieux

à oser prendre le bois

hacher, lâcher, poser

une à une

brindilles qui s’embrasent

de voir l’étincelle en face

moi qui crée la phase

où de guerre lasse

je céderai une fois pour toutes

et avouerai trop bas sans doute

que de l’une à l’autre

je suis sur le fil

et que je sais faire nôtre

chaque instant subtil

tu distilles dans l’air

un souffle qui devient le mien

car à passer, au chaud, sur la pointe des pieds

j’ai mis de l’eau dans mes mots

pour calmer le brasier

pourtant je danse


sur du magma en fusion

toi sur la plaque adjacente

tu me rejoins bientôt

la dérive est douce et lente

tu connais l’endroit

si la sublimation a lieu

je ne crains plus la brûlure

qu’occasionne la censure

actuelle, les bouches liées scellées

trop longtemps fermées

j’ai tes sourires pour moi

et l’envers de tes regards

qui parlent plus que les mots

une à une, les phrases


en perles lacustres

brillantes et pures

portent loin l’écume et


transportent


la joie

le tout

celui qu’on n’ose nommer

présent partout

et tu parfois

je et toi nous y sommes

dans la lave nous nous lovons

bientôt



Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

IV                                  07.01.2018

Je te regarde je te décrypte je te dévore

On est quitte

Des essaims bourdonnants qui m’assaillent

Une seule parole qui vaille

La peine que je répète en boucle, à l’heure,

Sans me presser

Une seule note que j’aime

Que tu sais composer, souvent, à demi, en douce, endormie,

Vaillante et fière, j’espère souvent qu’elle va venir ranimer

L’envie d’allonger paroles et regards qui s’entortillent

Tu m’arrimes à la cheville de ta pensée

Tu es la seule qui parviennes à me faire aimer

L’orée des mots


La valse, Camille CLAUDEL


Longtemps j'ai cru parvenir un jour à l'âge où j'enlèverai la dernière peau. Et chemin faisant, chaque fois que je défaisais un noeud de plus, le linge tombait à terre pour découvrir d'autres oripeaux. A la peur d'avoir sans cesse à lutter contre la honte de montrer ce bout de moi s'ajoutait ce sentiment implacable de n'être pas encore arrivée à l'essentiel, au coeur. Cependant l'âge assagit ma combativité en me faisant comprendre la joie d'avoir toujours et encore un espace à découvrir, à partager.
J'allais ainsi plus légère à chaque fois, plus dépouillée, plus heureuse. D'une quête effrénée vers l'absolu, le quotidien s'est mué en plaisir d'un chemin simple. Accepter simplement avec humilité l'infini voyage vers le rien et me trouver comblée du tout que j'y découvrais.
C'est avec rare occasion mais chaque fois pleine de certitude que j'observais le même phénomène chez des êtres chers, ou chez des âmes dont …
La dernière poupée russe
Tu es la dernière poupée russe Pas une goutte de sang de plus Ne coulera dans le prochain interstice Tu garderas pour toi Tes doutes, espoirs et vices.
Enchâssée dans les ombres des autres Sommée d'expier une à une leurs fautes Tu dresses le rempart contre un autre toi-même A présent dépossédée de l'envie instinctive D'un règne vain, imparfait, humain En somme.
C'est là qu'arrive un homme Il est le gardien du temple La force de trois pour vous deux C'est déjà plus qu'il n'en faut Pour combler tous les creux
Il sait la mesure du temps A fui le culte des survivants Dans l'ombre, il travaille à défaire Le poids, recrée le son légué des êtres chers Pas parjure, pas rempart Il te connaît sans savoir
Tu es la dernière poupée russe Il est le gardien qui contemple Ce que serait l'addition De vos deux existences.
Si la boîte cède sous ses pressions infimes, c'est que tu seras prête  pour la mise en abîme.