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26 novembre 2011 : Catherine Major

J'ai pris ma place hier seulement.
Parce que j'avais peur d'avoir la flemme de ressortir un soir de semaine et prendre le périph.
Parce que je me disais que j'aurais d'autres occasions.
Puis j'ai pris ma place, parce qu'après tout j'avais plus de chance de la voir ici que chez elle, et puis parce que je n'avais pas de raison de me priver de ce concert, même si j'irai seule. J'aime les chanteuses québécoises de trente ans.

C'est long les premières parties. Surtout quand c'est la vedette du coin dans la branche chanson française minimaliste, poésie zéro et musicalité au placard; ça fatigue parce qu'il faut suivre les mots à la lettre près, ça débite tellement que si on rate une phrase on perd tout le sens de la chanson. Les mélodies sont toutes semblables si bien qu'on est juste incapable d'en fredonner une seule, même les monodies moyennâgeuses sont plus vivantes...
C'est long d'attendre que le piano soit prêt, les câblages vérifiés, les spectateurs revenus à leur place après l'entracte; hé bien quoi? C'est maintenant que le spectacle doit commencer, non? Dans cette petite salle où le public n'a pas eu à se tasser, abonnés venus se distraire, sans savoir, sans forcément connaître...salle glaciale où je me tords le cou, les yeux au ras de la scène.

Et puis, la cheville de Catherine Major. Ses breloques, son déhanché lascif et frénétique autour du piano. Alors là, ils en restent cois! Elle impose, Catherine. Tellement qu'on n'ose, on reste suspendu à son souffle; la salle est glaciale mais soufflée par le respect qu'elle inspire.
Captivante, émouvante, puissante, fascinante. Ca n'est pas une chanteuse, c'est un animal. La grâce féline, la sensualité féminine, des mains graciles cerclées d'un poignet de fer. Je ne sais plus à quand remonte ma dernière vraie larme de concert, mon dernier frisson, assurément ce soir ils sont de retour.
Je le dis sans détour: en voilà une qui me ferait virer ma cuti en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, une voix orgasmique, les mots qu'il faut sur les notes qu'elle vaut. Si j'étais un homme, elle serait mon idéal féminin.
C'est mon bonheur du jour, et non des moindres. Je t'aime Catherine Major, follement.

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