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Savoir que quelqu'un pense à toi, dans une autre dimension.
Sentir cette main douce et légère qui te frôle sans la voir pourtant. Il est des présences plus fortes qu'un simple passage. Ces présences qui te rendent attentif au moindre souffle, à la forme des nuages.  Tu ne crois pas : tu sais, tu sens. Sans rien demander, tu reçois la force qui t'aide à traverser le brouillard, tu aimes davantage avec un peu de l'âme qu'on te prête pour à ton tour avancer tranquillement vers la fin sans la craindre. La greffe a pris, tu es imbibé de l'essence du passeur. Le silence n'existe pas et tu n'es jamais seul quand tout bruisse d'une vie éternelle, du petit à l'infiniment grand. Tout résonne de la présence des êtres aimés. Personne n'est parti: c'est toi qui t'es éloigné d'eux. Regarde-les, dans les mots, dans les regards. Entends-les dans le vent, dans les notes. C'est eux qui te ressuscitent chaque fois que tu inspires un peu de ce qu'ils ont laissé.

Je n'ai qu'un regret: ne pas pouvoir me jeter dans tes bras. Tu es mon arbre, mes racines tout autant que mon ciel.


Kandinsky,  Improvisation 7.

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Longtemps j'ai cru parvenir un jour à l'âge où j'enlèverai la dernière peau. Et chemin faisant, chaque fois que je défaisais un noeud de plus, le linge tombait à terre pour découvrir d'autres oripeaux. A la peur d'avoir sans cesse à lutter contre la honte de montrer ce bout de moi s'ajoutait ce sentiment implacable de n'être pas encore arrivée à l'essentiel, au coeur. Cependant l'âge assagit ma combativité en me faisant comprendre la joie d'avoir toujours et encore un espace à découvrir, à partager.
J'allais ainsi plus légère à chaque fois, plus dépouillée, plus heureuse. D'une quête effrénée vers l'absolu, le quotidien s'est mué en plaisir d'un chemin simple. Accepter simplement avec humilité l'infini voyage vers le rien et me trouver comblée du tout que j'y découvrais.
C'est avec rare occasion mais chaque fois pleine de certitude que j'observais le même phénomène chez des êtres chers, ou chez des âmes dont …
Aucune heure ne saura troubler l'instant choisi
Aucune éclipse n'évincera les mots transis
Par la clarté lunaire, j'ai vu l'abysse
Je m'y suis reflétée
Dans tes quartiers d'impasse
Un croissant m'appelle pour compléter la nuit

Le gardien à la clé rouillée
Dort sous le porche bleu
Sur mes joues mouillées
L'odeur d'un récent feu
Tout était correct, je suis entrée
J'avais les codes ad hoc

Trois miles sous la surface
J'ai plongé dans l'interstice
Pour me voiler la face
Ton arrivée subreptice

A fait fondre le plomb
Explosé la serrure
Je pensais tenir bon
J'ai lâché l'armure
Il y a du sel sur ta peau
L'âpre brûlure de l'étau

Des solutions entières
Ou avec des virgules
L'équation du vide amer
L'instant où tu recules
J'ai bu la potion perdu notion
Intervalles disjoints

Cy Twombly, Coronation of Sesostris (Part V)



IV                                  07.01.2018

Je te regarde je te décrypte je te dévore

On est quitte

Des essaims bourdonnants qui m’assaillent

Une seule parole qui vaille

La peine que je répète en boucle, à l’heure,

Sans me presser

Une seule note que j’aime

Que tu sais composer, souvent, à demi, en douce, endormie,

Vaillante et fière, j’espère souvent qu’elle va venir ranimer

L’envie d’allonger paroles et regards qui s’entortillent

Tu m’arrimes à la cheville de ta pensée

Tu es la seule qui parviennes à me faire aimer

L’orée des mots


La valse, Camille CLAUDEL