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Dès les premières heures englouties
J'ai su
Que la muse ne m'appartenait pas

Bien que chaque fois entrevue
J'aie pu
Attirer ses lueurs sur moi

Le feu ne reste pas sur qui semble de glace
La lave coule sur les pentes enneigées
J'ai trop versé de larmes acérées
Pics à gravir pour qui veut inspirer

Tu es libre et lors il n'y a rien à rajouter
Il m'aurait fallu pire pour arrêter
De penser
D'espérer

Il y a ce vide bien trop palpable
Et tout l'espace que j'aimerais remplir
La muse a choisi d'autres places
Tant de beaux esprits à nourrir

Va, cours, vole et reviens vite
Les étourneaux pour rien s'agitent.

Suzuki Harunobu

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IV                                  07.01.2018

Je te regarde je te décrypte je te dévore

On est quitte

Des essaims bourdonnants qui m’assaillent

Une seule parole qui vaille

La peine que je répète en boucle, à l’heure,

Sans me presser

Une seule note que j’aime

Que tu sais composer, souvent, à demi, en douce, endormie,

Vaillante et fière, j’espère souvent qu’elle va venir ranimer

L’envie d’allonger paroles et regards qui s’entortillent

Tu m’arrimes à la cheville de ta pensée

Tu es la seule qui parviennes à me faire aimer

L’orée des mots


La valse, Camille CLAUDEL


Longtemps j'ai cru parvenir un jour à l'âge où j'enlèverai la dernière peau. Et chemin faisant, chaque fois que je défaisais un noeud de plus, le linge tombait à terre pour découvrir d'autres oripeaux. A la peur d'avoir sans cesse à lutter contre la honte de montrer ce bout de moi s'ajoutait ce sentiment implacable de n'être pas encore arrivée à l'essentiel, au coeur. Cependant l'âge assagit ma combativité en me faisant comprendre la joie d'avoir toujours et encore un espace à découvrir, à partager.
J'allais ainsi plus légère à chaque fois, plus dépouillée, plus heureuse. D'une quête effrénée vers l'absolu, le quotidien s'est mué en plaisir d'un chemin simple. Accepter simplement avec humilité l'infini voyage vers le rien et me trouver comblée du tout que j'y découvrais.
C'est avec rare occasion mais chaque fois pleine de certitude que j'observais le même phénomène chez des êtres chers, ou chez des âmes dont …
La dernière poupée russe
Tu es la dernière poupée russe Pas une goutte de sang de plus Ne coulera dans le prochain interstice Tu garderas pour toi Tes doutes, espoirs et vices.
Enchâssée dans les ombres des autres Sommée d'expier une à une leurs fautes Tu dresses le rempart contre un autre toi-même A présent dépossédée de l'envie instinctive D'un règne vain, imparfait, humain En somme.
C'est là qu'arrive un homme Il est le gardien du temple La force de trois pour vous deux C'est déjà plus qu'il n'en faut Pour combler tous les creux
Il sait la mesure du temps A fui le culte des survivants Dans l'ombre, il travaille à défaire Le poids, recrée le son légué des êtres chers Pas parjure, pas rempart Il te connaît sans savoir
Tu es la dernière poupée russe Il est le gardien qui contemple Ce que serait l'addition De vos deux existences.
Si la boîte cède sous ses pressions infimes, c'est que tu seras prête  pour la mise en abîme.